Disséquons une guitare électrique – 1ère partie

Disséquons une guitare électrique - Fender Stratocaster

Après nous être occupés du cas de la guitare classique puis de la guitare folk, intéressons-nous à présent aux éléments dont est constituée une guitare électrique.

Il existe beaucoup de modèles de guitares électriques de tous styles et de toutes formes.
Il serait donc difficile de couvrir le sujet de manière exhaustive.

C’est pourquoi j’ai fait le choix de disséquer 2 types de guitares électriques qui font partie des standards : la Fender Stratocaster et la Gibson LesPaul.

Même si ces 2 guitares ont de nombreux éléments en commun, je vais rentrer dans le détail de ce qui les différencie au travers de 2 articles.

Nous nous occuperons aujourd’hui de la Fender Stratocaster et nous verrons demain le cas de la Gibson LesPaul.

La Fender Stratocaster

Le modèle Stratocaster (on emploi souvent l’abréviation « strat ») a été crée par la marque Fender dans au milieu des années 50.
C’est donc un modèle qui existe depuis presque 60 ans et qui a été décliné dans des centaines de versions et copié par des milliers de marques concurrentes.

Comme la plupart des guitares, la strat est composée d’un corps et d’un manche, ce dernier étant vissé sur le corps.

Contrairement aux guitares acoustiques, la strat fait partie de la catégorie des « solid bodies » (ou corps plein).
Il s’agit donc d’un bloc de bois massif qui ne comporte pas de caisse de résonance.

 

Disséquons une guitare électrique - Fender Stratocaster

 

Le manche

Au même titre que sur une guitare acoustique, la Stratocaster comporte des frettes (le plus souvent 21 ou 22).
Au niveau de la tête on trouve le sillet de tête et les mécaniques au bout desquelles sont fixés les boutons.

Une particularité des strats est de comporter des œillets de rétention (ou guides-cordes) au niveau de la tête.
Ils servent à rabaisser les cordes (principalement les cordes aigües) pour assurer un bon appui sur le sillet (qui est le point de départ de la vibration des cordes).
Cet accessoire est utile du fait que la tête d’une Stratocaster est peu inclinée par rapport au manche, ce qui a pour effet de maintenir les cordes un peu trop hautes.

Comme sur les autres types de guitare, la touche, collée sur le manche lui-même, supportera les frettes.

Une autre nouveauté que l’on trouve aussi sur les guitares folk, mais pas sur les guitares classiques, c’est la tige de réglage (ou « truss rod »).
Il s’agit d’une tige métallique insérée à l’intérieur du manche et qui sert à contrebalancer la tension des cordes.
En effet, les cordes métallique ont tendance à beaucoup tirer sur le bois du manche, et cette tige permet de tirer le bois dans le sens inverse afin d’éviter que le manche ne soit courbé.
On ajuste cette tige par l’intermédiaire de l’orifice situé au niveau de la tête, généralement à l’aide d’une clé allen fournie avec l’instrument.

Le corps

Au niveau du corps, il y a plusieurs nouveautés par rapport aux guitares acoustiques.

Tout d’abord, à la place du traditionnel chevalet de la guitare classique, on trouve ici un vibrato.
Ce bloc de métal crée un équilibre entre la tension des cordes et des ressorts placés à l’intérieur du corps.
Cela va permettre, à l’aide de la tige de vibrato qui est vissée sur le vibrato, de détendre ou de retendre aisément les cordes afin de produire des changements de hauteur des notes.
Si on n’utilise pas la tige de vibrato, le vibrato restera fixe et se comportera un peu comme un chevalet traditionnel.

Sur les guitares acoustiques, les cordes sont en appui sur le sillet de chevalet.
Sur une guitare électrique, ce dernier est remplacé par des pontets.
Sur la Stratocaster, ils sont au nombre de 6.
Il s’agit de petites pièces métalliques sur lesquels reposent les cordes.
L’avantage des pontets par rapport au sillet de chevalet est qu’on va pouvoir ajuster individuellement la hauteur et la justesse de chaque corde.

La Strat n’ayant pas de caisse de résonance, nous devons utiliser un amplificateur (on dit souvent simplement « ampli »).
Il va donc falloir capter le son de la guitare pour pouvoir l’amplifier.

C’est le rôle des micros.

Les micros

Le terme « micros » est en fait abusif. Il ne s’agit pas vraiment de microphones, mais plutôt de capteurs électromagnétiques dont le rôle sera de capter les vibrations des cordes métalliques.
Ce type de capteurs ne fonctionnerait donc pas sur une guitare classique dont les cordes sont en nylon.
Maintenant que vous savez de quoi il s’agit, sachez que l’on emploie quand même très souvent le terme « micros », même s’il n’est pas adapté d’un point de vue technique.

Un Stratocaster comporte le plus souvent 3 micros que l’on appelle des « micros à simple bobinage » (ou « micros simples », tout court).
Il est important de le préciser par opposition aux micros « double bobinage » que l’on étudiera demain dans l’article sur la Gibson LesPaul.

Une plaque (appelée pickguard), vissée sur le corps, est présente pour maintenir les micros et les boutons de réglages de la guitare.

Les 3 micros de la Stratocaster sont généralement appelés « neck » (micro manche), « middle » (micro intermédiaire) et « bridge » (micro chevalet).
Le micro manche aura un son assez rond avec des basses présentes.
Le micro chevalet aura, lui, un son beaucoup plus agressif, plus aigu, parfois plus aigrelet.
Quant au micro intermédiaire, comme son nom l’indique, il a une sonorité un peu à mi-chemin entre les 2 autres.

Grâce au sélecteur de micros, on va pouvoir choisir quel(s) micro(s) on va connecter pour obtenir la sonorité désirée.
On peut utiliser chaque micro individuellement ou créer des combinaisons entre 2 micros pour accéder à plus de variantes sonores.

Ce principe permet à la Stratocaster d’être une guitare très polyvalente qui sera à l’aise dans beaucoup de styles différents.

L’électronique

Une fois le son capté par les micros, et ces derniers choisis à l’aide du sélecteur, le son va être dirigé vers les potentiomètres de réglage.

Les potentiomètres sont au nombre de 3 sur la Strat : 1 volume et 2 tonalités.
Comme son nom l’indique, le volume règle le volume !
Quant aux tonalités, elles servent à atténuer les fréquences aigües afin d’obtenir une sonorité plus douce, plus feutrée, moins agressive.

Souvent, sur la Stratocaster, on trouve un potentiomètre de tonalité pour le micro manche et un potentiomètre de tonalité pour le micro intermédiaire.
Le micro chevalet ne bénéficie donc pas ce réglage, mais comme on utilise précisément ce micro pour obtenir des sons plus agressifs, la tonalité n’est pas forcément indispensable.

Une fois le son réglé, il est dirigé vers la sortie jack (6,35mm ou 1/4 de pouce) qui est la connectique standard utilisée sur toutes les guitares afin de les connecter à un ampli.

A suivre…

Vous l’aurez constaté, la guitare électrique, et notamment la Fender Stratocaster, comporte beaucoup plus d’éléments qu’une guitare acoustique.

N’hésitez pas à relire l’article ou à poser des questions en commentaires si certains points ne sont pas clairs.

Nous poursuivrons donc demain l’exploration des guitares électrique à nous focalisant sur la Gibson LesPaul.

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Catégories : Matériel

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